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Publications serbes

La première publication commune des surréalistes serbes est l’almanach Nemoguće – L’Impossible, qui sort à Belgrade en 1930. S'ouvrant par le texte d'un manifeste signé des treize fondateurs du mouvement, elle est appelée à constituer un support pour l'expression de leur activité collective.

Poyicija nadrealizma

L’activité collective des surréalistes belgradois débute dans une atmosphère enthousiaste, inspirée par les deux manifestes du surréalisme d’André Breton. Leur groupe compte dans ses rangs des rédacteurs de revues et des auteurs écrivant dans celles-ci, qui bientôt entreprennent de lancer leurs propres revues. Outre des textes classiques mais aussi expérimentaux, visant par leur forme à élargir les limites du procédé traditionnel d’écriture, ils y publient aussi le fruit d’expériences visuelles. Parallèlement, nombre d’entre eux travaillent à la publication de romans, de recueil de poèmes, d’essais ou d’autres formes littéraires.

Dans les années qui précédent la fondation officielle du mouvement surréaliste, soit la période allant de 1922 à 1930, paraissent déjà à Belgrade plusieurs revues auxquelles collaborent ou dont les rédacteurs sont de futurs surréalistes, et dont les pages accueillent ainsi les premiers textes à teneur surréaliste.

La revue Putevi (Les Chemins), lancée à Belgrade en 1922, compte, entre autres, parmi ses collaborateurs Marko Ristić, Dušan Matić, Aleksandar Vučo et Milan Dedinac. Cette revue paraît sous une nouvelle forme en 1923, avec Marko Ristić et Miloš Crnjanski comme rédacteurs d’un triple numéro qui paraît en 1924. Ses pages proposent entre autre, dans un choix et une traduction de Marko Ristić trois extraits d’essais d’André Breton parus dans la revue Littérature.

En 1924 Moni de Buli publie l’almanach Crno na belo (Noir sur blanc). La revue Svedočanstva (Témoignages) paraît à Belgrade en 1924 et 1925, avec, entre autres, pour collaborateurs Milan Dedinac, Dušan Matić, Mladen Dimitrijević, Rastko Petrović, Marko Ristić et Aleksandar Vučo. C'est dans ses pages qu'est publié le texte « Nadrealizam (Le Surréalisme) » de Marko Ristić, qui, peu de temps après la parution du Manifeste du surréalisme d'André Breton, est le première article, paru en Serbie, traitant de ce phénomène.

De janvier à juin 1926 sortent à Belgrade cinq numéros de la revue Večnost (Eternité) qui a pour rédacteur Risto Ratković et dans laquelle Moni de Buli publie ses textes surréalistes.

Djordje Kostić, Oskar Davičo et Djordje Jovanović fondent la revue Tragovi (Les Traces) en 1928, et Zvezdan Vujadinović 50 u Evropi (50 en Europe) à laquelle collaborent, entre autres, Koča Popović, Dragan Aleksić, Dušan Matić, Velibor Gligorić, Ljubiša Jocić et Slobodan Kušić, et dont le dernier numéro date de 1933.

La première publication commune des surréalistes serbes est l’almanach Nemoguće – L’Impossible, qui sort à Belgrade en 1930. S'ouvrant par le texte d'un manifeste signé des treize fondateurs du mouvement, elle est appelée à constituer un support pour l'expression de leur activité collective. Ses pages sont complétées par la publication en parallèle, de contributions d'auteurs serbes et surréalistes français comme André Breton, Paul Eluard, Benjamin Péret, Louis Aragon, René Char et André Thirion.

La période 1930 – 1932, soit les années qui enregistrent la plus intense activité surréaliste, voit le lancement de plusieurs publications remarquables, dont certaines dans le cadre des éditions Nadrealistička izdanja (Editions surréalistes). En 1931 paraissent Nacrt za jednu fenomenologiju iracionalnog (Esquisse pour une phénoménologie de l'irrationel) de Marko Ristić et Koča Popović et Pozicija nadrealizma (La Position du surréalisme) de Marko Ristić et Vane Bor, alors que Dušan Matić, Oskar Davičo et Djordje Kostić publient Položaj nadrealizma u društvenom procesu ( La position du surréalisme dans le processus social).

Hormis l’almanach, une autre publication majeure par son rôle de plate-forme ayant permis l’expression des positions surréalistes, est la revue Nadrealizam danas i ovde (Le surréalisme aujourd’hui et ici). Comptant au total 3 numéros, elle sort à Belgrade en 1931 et 1932, en reprenant le principe d’une collaboration directe entre Paris et Belgrade, et en accueillant donc dans ses pages aussi bien des contributions de surréalistes belgradois que de leurs homologues européens.

Excepté leur travail dans le cadre de publications communes, les surréalistes ont aussi produit un grand nombre de textes remarquables, parmi lesquels figurent Javna ptica (L’oiseau public) (1926) de Milan Dedinac, l’anti roman Bez mere (Sans mesure) (1928) de Marko Ristić, Koren vida (Racine de la vue) (1928) d’Aleksandar Vučo, le livre pour enfants d’Aleksandar Vučo et de  Dušan Matić Podvizi družine « Pet petlića » (Les exploits de la compagnie des cinq coqs) (1933), Turpituda (Turpidude)(1938) de Marko Ristić, illustré par des dessins de Krsto Hegedušić, qui a été saisie et détruite immédiatement à sa sortie, comme de nombreuses autres publications surréalistes.